Le détecteur de monoxyde de carbone : essentiel pour éviter les intoxications

Le détecteur de monoxyde de carbone : essentiel pour éviter les intoxications

Chaque année au Québec, une centaine de personnes sont intoxiquées par le monoxyde de carbone. Et de 5 à 10 d’entre elles en meurent. Or, l’une des principales causes d’intoxication est le fonctionnement d’un moteur à combustion dans un espace clos.


Pour se prémunir des dangers du monoxyde de carbone (CO), il n’y a qu’une stratégie efficace. La voici :

  1. Brancher tous les moteurs qui tournent en atelier à un système de ventilation locale qui aspire les gaz d’échappement et les évacue à l’extérieur.
  2. Installer un système de ventilation générale pour faire sortir l’air vicié et faire entrer de l’air neuf tempéré dans l’atelier.
  3. Installer un ou plusieurs détecteurs de monoxyde de carbone.

Il est essentiel d’avoir une ventilation adéquate pour assurer une bonne qualité de l’air. Et il est tout aussi important d’avoir un ou plusieurs détecteurs de monoxyde de carbone pour s’assurer que tous sont en sécurité.


QUEL TYPE DE DÉTECTEUR CHOISIR?

Deux types de détecteurs peuvent être utilisés selon la taille et le type d’atelier.

1. Le détecteur industriel autonome

Portatif ou fixé de façon permanente, on peut le qualifier de beau, bon, (relativement) pas cher. Contrairement au modèle domestique, il est fiable et il peut réagir à des niveaux précis prédéfinis. On recommande ce type de détecteur pour les petits et les moyens ateliers.
Ses caractéristiques?

  • Choisir préférablement un modèle sans étalonnage.
  • Si l’on achète un détecteur portatif, l’installer en permanence sur un support mural, à un endroit représentatif de l’atelier.
  • Idéalement, préférer un détecteur avec deux seuils de détection (voir plus loin).

2. Le détecteur industriel asservi au système de ventilation

Plus dispendieux que le précédent, ce système convient parfaitement aux moyens et aux grands établissements. Il offre l’avantage de contrôler directement le système de ventilation. Par exemple:

  • En plus de la ventilation locale, on peut avoir une ventilation générale qui assure 1,5 changement d’air à l’heure en tout temps.
  • Lorsque le détecteur atteint le premier seuil (15 – 20 ppm), le débit de ventilation augmente à 4 changements d’air à l’heure ou plus.
  • Au second seuil (100 ppm), le système peut ouvrir automatiquement les portes en plus de faire sonner l’alarme. 

À QUELS NIVEAUX LE DÉTECTEUR DOIT-IL ÊTRE RÉGLÉ?

La norme québécoise fixe deux normes d’exposition : une concentration moyenne (8 h) de CO inférieure à 35 ppm (parties par million) et une concentration maximale (15 minutes) qui ne dépasse jamais 200 ppm.

Les spécialistes en santé du travail recommandent un seuil d’action à la moitié de cette norme. Autrement dit, il faut agir dès qu’on atteint 17,5 ppm pour 8 heures avec une crête de 100 ppm. Voilà pourquoi nous recommandons :

  • Un premier seuil d’intervention à 15 ou à 20 ppm, une concentration qui survient typiquement lorsque beaucoup de véhicules circulent en même temps. À ce niveau, on augmente l’aération et la ventilation.
  • Un second seuil d’intervention à 100 ppm.

Comme on s’approche d’une concentration dangereuse, il est important d’évacuer les lieux en attendant le retour à la normale. Mais rassurez-vous : avec une bonne ventilation locale des gaz d’échappement et avec une bonne intervention à 15 ou 20 ppm, vous n’atteindrez jamais ce second seuil de 100 ppm… à moins qu’il y ait un problème sérieux.

COMBIEN DE DÉTECTEURS ET À QUELLE HAUTEUR?

Pour cela, suivez les recommandations du fabricant pour savoir quelle est la superficie couverte. Si votre atelier comporte plusieurs zones distinctes, il faut alors placer un détecteur dans chaque zone. Enfin, si vous assurez l’entretien de véhicules diesel, il faut avoir des détecteurs de monoxyde de carbone (CO) et des détecteurs d’oxydes d’azote (NOx). Dans un système de détection asservi au système de ventilation, on installe souvent plusieurs cellules de détection (communément appelées « sondes ») reliées à une unité centrale.

Les détecteurs de monoxyde de carbone (CO) s’installent typiquement à 1500 mm du sol, tandis que les détecteurs d’oxydes d’azote (NOx) s’installent généralement à 300 mm du plafond.


LE DÉTECTEUR DOMESTIQUE : JAMAIS DANS UN ATELIER !

Le détecteur domestique vendu dans les grandes surfaces ne convient vraiment pas au secteur automobile.
Pourquoi ?

  • On ne sait pas à quelle concentration ce détecteur sonne l’alarme.
  • Le matériau utilisé pour la cellule de détection est hypersensible et peu précis, mais il se contamine après une seule exposition. Après cela, il réagit trop vite et sonne tout le temps… ou la cellule meurt et il ne sonne plus jamais.

Bref, ce détecteur convient parfaitement pour la maison, un endroit où il ne devrait jamais y avoir de monoxyde de carbone. Mais dans un atelier, le simple déplacement d’un ou deux véhicules va le détériorer et le briser très rapidement.


 QUE FAIRE QUAND LE DÉTECTEUR SONNE ?

Lorsque le premier seuil est atteint (15–20 ppm), augmenter l’aération des lieux en faisant fonctionner les ventilateurs à puissance maximale et en ouvrant les portes. À moins d’une source de pollution sérieuse, la concentration de monoxyde de carbone baissera rapidement sous le seuil d’alarme.
Lorsque le second seuil est atteint (100 ppm), c’est généralement signe d’un sérieux problème. Il faut alors non
seulement aérer et ventiler les lieux, mais aussi arrêter tous les moteurs à combustion interne (si on peut le faire sécuritairement) et évacuer les lieux en attendant le retour à la normale.


ATTENTION
Si l’alarme de haut niveau ne s’éteint pas, même après avoir bien aéré et avoir ventilé les lieux, c’est signe qu’il y a un sérieux problème, voire une fuite de gaz… ou, très rarement, que le détecteur est défectueux. Pour votre propre sécurité, appelez sans tarder les services d’urgence!

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