Le point de coincement, un risque méconnu

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Le remorquage de véhicules est une activité qui comporte un bon nombre de risques. Cette délicate tâche nécessite une surdose de versatilité puisqu’elle ne consiste pas seulement à recueillir un véhicule en panne le long d’une route paisible.

LE REMORQUAGE ET SES RISQUES

L’opérateur de la dépanneuse doit faire face à de nombreux risques : circulation automobile, déversements de produits chimiques, postures de travail contraignantes, présence de liquides biologiques sur les lieux d’un accident, bris du câble, coupures, coincements, chutes et glissades.

Pour illustrer le quotidien des remorqueurs, voici des exemples de situations rencontrées.

Le point de coincement, un risque méconnu

ATTENTION AUX POINTS DE COINCEMENT

Le design des dépanneuses traditionnelles a évolué au cours des années cédant ainsi la place aux modèles à plate-forme. Avec de nouvelles méthodes de travail sont également apparus des risques de coincement par la plate-forme en mouvement.

Suite à un accident mortel qui s’est produit avec une dépanneuse, Cécile Collinge, ingénieure ergonome à la CSST, s’est penchée sur la problématique des points de coincement des dépanneuses à plateforme. Il s’agit d’un danger méconnu et sous-estimé.

La plate-forme de la dépanneuse effectue un mouvement qui produit trois points de coincement distincts :

  1. contact de l’extrémité de la plateforme avec le sol;
  2. contact du centre de la plateforme avec son propre châssis;
  3. contact de l’extrémité de la plateforme avec la cabine.

 

Les points de coincement au sol et au châssis sont instinctivement reconnus par l’ensemble de la population parce qu’ils sont prévisibles. Cependant, le mouvement qui crée le point de coincement entre la plate-forme et la cabine demeure imprévisible pour les personnes qui ne connaissent pas le fonctionnement des dépanneuses à plateforme.

Voici pourquoi : Le mouvement de bascule simple comme celui des camions bennes est un mouvement-type bien connu. La plate-forme, elle, effectue un mouvement de bascule couplé d’un déplacement horizontal. Cette trajectoire est différente et n’est pas nécessairement intégrée dans notre bagage intuitif des déplacements d’objets dans l’espace. À l’utilisation, les opérateurs de dépanneuses intègrent bien ce mouvement dans leur esprit. Par contre, des personnes présentes sur les lieux de remorquage ne connaissent pas ce mouvement horizontal. C’est une des causes de l’accident mortel qui s’est produit alors qu’une personne s’est trouvée coincé entre la cabine et la plateforme en mouvement.

Le point de coincement, un risque méconnu

COMMENT PRÉVENIR LE COINCEMENT

Le garde. Pour contrôler le risque de coincement, il faut restreindre l’accès par le sol à toute la zone à risque. Pour ce faire, on recommande d’installer un garde devant la zone de coincement. Ce garde peut prendre différentes formes : « jupette », coffre, barre métallique, etc. De plus, pour bien signaler la présence de cette zone à risque, on doit apposer sur ce garde une inscription DANGER et un pictogramme de coincement.

Les méthodes de travail sécuritaires. Lorsque l’opérateur de la dépanneuse manie les commandes, il doit s’assurer que personne ne se trouve à proximité de la dépanneuse.

  • Éloigner les curieux et autres personnes non impliquées dans les opérations.
  • Faire monter les clients dans la cabine de la dépanneuse.
  • Demander à une personne fiable d’exercer une surveillance.
  • Regarder autant que possible dans la direction des points de coincement lors du maniement des commandes.

 

Intervention auprès des fabricants et fournisseurs de dépanneuses. La CSST et Auto Prévention rencontrent présentement les principaux fabricants et distributeurs de dépanneuses du Québec en vue de les informer de cette problématique et de leur demander d’apporter des corrections pour éliminer l’accès par le sol à des zones de coincement.

Le point de coincement, un risque méconnu

 

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